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Là où commence l'exil volontaire

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Tyrana Vi'Darathi
Oracle du Nord

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Messages : 11
Autres Comptes : Aucun
Points de Destin : 0
Niveau : 1
Réputation : Inconnu(e)
Concept Majeur : Oracle Guerrière en Quête de sa Révélation
Trouble : Ils ont Marqué ma Chair
Aspects : - Ma Colère est plus Forte que ma Peur
- Je fais Front pour mes Compagnons
- Voyageuse Aguerrie
Dégâts15 Protection10
Oracle du Nord
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Personnage
Santé:
200/200  (200/200)
Rangs:
RangsCompétences
Superbe
RemarquableCharisme
BonVolonté, Corps à corps
MoyenPhysique, Athlétisme,Artisanat
PassableEmpathie, Perception, Investigation,Discrétion

Trésorerie Trésorerie: 200
Jeu 26 Fév - 16:41
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[Sujet pour marquer l'entrée de Tyrana dans le RP !]

* * * * * * * * * * * * * * * *

C'est toujours la même chose. Le crépuscule tombe et je m’emmitoufle dans une couverture, les yeux fixés sur la danse joyeuse des flammes, bien résolue à ne pas m'endormir. Le feu : son crépitement aux milles nuances orangées m'hypnotise, m'apaise, me berce. Je sens sa chaleur qui m'entoure ainsi qu'une paire de bras rassurants... Le feu...
Et tout bascule. Je passe de la réalité au cauchemar, sans m'en être rendue compte. D'abord les souvenirs, ceux d'une lame portée à blanc qu'on applique contre ma chair. Une senteur âcre de brûlé, une douleur livide qui me déchire l'esprit et le dos dans la même seconde. Je devine la pointe d'acier traverser sans peine la peau et les muscles et venir cisailler jusqu'à l'os - mais je refuse de hurler. Je me mords les lèvres, la langue, comme si je voulais dévorer ma propre bouche ! Le sang l'envahit, et je maudis ma tolérance à la souffrance. Je me maudis de ne pas m'évanouir. Plus tard, je devais même me maudire de ne pas mourir.

Puis... du passé, à l'avenir. Mon songe se transforme, mute, évolue : je survole un monde en proie à des ténèbres glacées, ayant fondu sur lui depuis le ciel. Des étoiles s'écrasent sur les Terres du Milieu comme autant de piédestaux brisés par quelque enfant turbulent. Cet enfant est un Vala, savez-vous ?
Mon ancien mentor m'avait conté la Création. Il m'avait expliqué comment un parmi tous les autres avait, le premier, inventé la rébellion. La révolte en soi n'a rien de mal : mais lorsqu'elle vise à défaire par orgueil et vanité, elle n'est rien d'autre qu'un acte aveugle de destruction. Dire qu'Emerik clamait que je n'étais qu'une idiote incapable de voir plus loin que le bout de son épée ! Il serait fier des bribes de sagesse que j'ai fini par acquérir...

Et sachez-le, l'opposition de Melkor à Eru ressemble fort à la façon dont les enfants du clan s'opposent à leurs aînés lorsqu'ils arrivent à cet âge susceptible, où ils troquent l'envie de caresses pour l'envie de défis. Malheureusement pour nous, ce mioche-ci a le pouvoir de fendre en deux le ciel, et il ne s'en prive pas si j'en juge à la couleur de la lune. Vous le savez, n'est-ce pas ? Elle a viré au rouge, comme un coquelicot des hauts pâturages de l'Arnor. Une fleur si belle qu'elle vous en coupe le souffle, tant elle vous paraît vivace. Pleine de vie, vraiment. Mais la vie que Melkor offre à ses séides... ce n'est pas une vie. C'est une mort dans l'existence.

A quoi bon vivre si vous le faites pour quelqu'un d'autre que vous-même ?!

Mes yeux se rouvrirent brutalement, la brusque montée de colère qui m'assaillait m'ayant tirée de ma somnolence. Je repoussais les fourrures me servant de couverture, levant le nez vers la voûte du ciel. J'avais tenté de dormir à la belle étoile, à la lisière d'un bosquet dans les environs de cette terre que l'on nomme Comté. Une étrange région si vous voulez mon avis : des gens qui m'arrivent à peine à la taille mais qui semblent posséder deux fois plus de vitalité que moi-même. Et d'appétit. Et de débit de parole. Et de... de tout, en fait. J'ignore ce qu'avait Eru en tête lorsqu'il a donné naissance à la race des Semis-Hommes - ou qui que ce soit d'autre - mais il venait manifestement de fumer une pipe de trop.

Comment peut-on aimer ça, d'ailleurs ? Je fronçais les sourcils en me remémorant l'odeur entêtante et désagréable du tabac, que mon ancien mentor m'avait proposé un jour où nous traversions ce qu'il avait désigné comme le Pays de Bouc. Rien ne valait une pleine bouffée de l'air givré du grand Nord, où vous avez l'impression de respirer la neige au cœur de l'hiver ; cela vous fouettait le sang et les joues, vous frappait à la poitrine... et vous étiez dès lors prêt à vous attaquer à tout, même à la montagne. Tandis que cette maudite herbe séchée et mise à brûler...

« Baah ! Les gens sont étranges, c'est bien pour cela que tout peuple a besoin d'un oracle » reniflai-je avec supériorité, me relevant et commençant déjà à empaqueter mes maigres possessions. « Dommage que seul le mien ai la sagesse de le reconnaître. » Je m'interrogeais sur ce à quoi pourrait bien ressembler un oracle Hobbit. Les résultats que mon imagination commença à produire amenèrent irrésistiblement un sourire sur mes lèvres sombres, à tel point que je ne tardais pas à être secouée d'un fou-rire silencieux.

Non, les Semis-Hommes ont peut-être une sagesse bien à eux, mais elle ne ressemble sûrement pas à celle d'un oracle !

Mon rictus amusé se mua toutefois rapidement en une moue fort... désappointée, tandis que j'en venais à achever mes préparatifs. On ne pouvait pas dire que je roulais sur l'or - ce qui n'était d'ailleurs le cas d'aucune personne de mon clan, et même, je ne voyais pas bien l'intérêt de passer cul par-dessus tête sur des monceaux de pièces. Cela dit, la possession matérielle apportait un confort qui n'était pas toujours désagréable, n'est-ce pas ? Or, mon barda se résumait actuellement à bien peu de choses. Quelques collets histoire d'attraper un lapin ou deux sur le chemin, une ou deux fourrures, une lanterne qui fuyait... Je faisais contre mauvaise fortune bon coeur en tentant de me convaincre que c'était ainsi qu'on voyageait léger, juste avant que mon regard ne tombe sur le grand bouclier d'airain que j'avais posé contre le tronc moussu d'un épineux. Voyager léger, tu parles. Cela ne m'empêcha toutefois pas de tapoter avec affection la surface martelée de l'ouvrage, arborant son lot d'ébréchures. Combien de lames s'étaient vues détourner de mon corps grâce à lui ? Plus que ma lame, c'était cet écu qui me définissait en tant que guerrière. L'oracle du clan Marcheneige, l'oracle du Nord tout entier... J'étais leur rempart. C'était pour eux que je les abandonnais, que je m'en allais dans cet Arnor mou et indolent, que j'allais partir pour le Rohan, et le Gondor ; pour eux que, moi la chasseuse et la combattante, je me mettais en quête des érudits et des sages. Pour eux que j'allais chercher la réponse à ces questions qui s'imposaient...

Quel est ce mal qui revient ? Pourquoi les ténèbres s'abattent-elles à nouveau sur le monde ? Comment dois-je m'y prendre pour les défaire ?


Je saisis mon baudrier et le passais sur mes hanches, attrapant mon paquetage d'une main et la lourde égide de l'autre. La nuit n'était pas très avancée encore, mais qu'importait ! La lumière des étoiles éclairerait mon chemin, tandis que celle de ces fêtes-tard de Hobbits me guiderait. Regardez donc au Sud ! On dirait que la plaine est parsemée de lucioles.
Et c'est vers elles que je vais, sifflant doucement dans l'air froid que j'ignore avec superbe.
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