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[QA 169] Les grands esprits se rencontrent (même quand ils sont courts sur pattes) [PV Aédé]

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Azalée Bravet
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Réputation : Inconnu(e)
Concept Majeur : Voir le monde pour améliorer les choses dans la Comté
Trouble : Déchirée entre mon caractère romanesque et mon goût du confort
Aspects : Gros chagrin d'amour
Ma mère est une adepte de Melkor
Féministe convaincue
DégâtsDague de violine : (5+17)=22
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Dim 11 Oct - 16:26
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Comté, QA 169 (1590 DC)]


Azalée était déprimée. Robbie n'avait pas l'air décidé à rompre ses fiançailles avec Camélia, il semblait même plus épris d'elle que jamais. Célandine avait raison, elle allait bien devoir se faire à l'idée que Robbie et elle ne finiraient pas ensemble… Et peut-être même que Robbie ne l'avait jamais vue comme autre chose qu'une hobbite gentille de ses connaissances...
Or quand Azalée était déprimée, elle avait l'habitude de se plonger dans des récits mythiques et héroïques. Mais il fallait croire qu'un cœur brisé est une cause de déprime plus grosse que la bêtise d'un oncle, le sexisme des clients du Dragon Vert ou la superficialité de sa sœur : cette fois, toute la bibliothèque de sa mère n'avait pas suffi…
Aux grands maux, les grands remèdes, comme disait sa grand'tante Églantine : quitte à consulter un ouvrage en bibliothèque, autant consulter un ouvrage qui valait le détour : le Livre du Thain, fidèle copie du légendaire Livre Rouge de la Marche de l'Ouest (en fait, il s'agissait d'une copie du Livre du Thain, qui était lui-même la somme des manuscrits rassemblés par Elinor Gamegie, mais comme ces copies avaient toutes deux été établies avec une grande attention, à l'initiative de Peregrin I puis de son petit-fils Hambar I, on pouvait les considérer comme des identiques, n'est-ce pas ?).
Elle avait vu ce livre pour la première fois quand elle était venue  la bibliothèque de Grands Smials, quand sa mère l'y avait emmenée pour lui montrer le "patrimoine familial". Sa mère s'était toujours considérée comme une Touque, bien qu'elle ne se soit jamais elle-même appelée comme cela, et que même sa propre mère n'ait jamais guère été qu'une Touque-Sonnecor. Mais Azalée comprenait l'affection de sa mère et de sa grand-mère pour les Touque. Elle avait elle-même toujours eu un faible pour cette famille, à la fois noble, extravagante et héroïque. Petite, déjà ses histoires préférées étaient celles dont Peregrin I était le héros. Azalée n'était pas loin elle-même de se considérer plus comme une Touque que comme une Bravet. Il fallait dire, aussi, que les Bravet étaient tous si barbants et si obtus…
Depuis cette première visite, donc, elle avait gardé un souvenir émerveillé de ce livre fabuleux, d’autant plus fabuleux qu'elle avait longtemps cru qu'il s'agissait du premier Livre du Thain, réalisé par Peregrin I lui-même ! Elle ne savait pas lire, à l'époque, et toutes ces pages couvertes d'écriture lui semblaient merveilleusement mystérieuses et magiques. Dès qu'elle avait su lire, elle avait voulu lire ce livre-là. Mais sa mère le lui avait déconseillé, expliquant qu'elle risquait de ne pas tout comprendre si elle le lisait aussi jeune, que ce soit à cause du vocabulaire ou parce qu'il fallait une bonne connaissance de l'histoire du Troisième Âge pour suivre. Ce n'était donc pas sans une certaine émotion qu'elle avait ouvert, pour la première fois, cinq ans plus tard, la première page de la copie que sa grand-mère lui avait prêtée.
C'était son jour de congé au Dragon Vert, elle était venue à Bourg-de-Touque à poney, avait laissé Caramel à l'écurie de Grands Smials, puis était entrée presque religieusement dans la bibliothèque. Il n'y avait pas grand monde. Les Touque et leurs cousins avaient sûrement préféré profiter du grand soleil pour aller gambader et pique-niquer dans la campagne. Et à vrai dire, si Robbie Cotton lui avait proposé d'aller pique-niquer avec lui, elle aurait sûrement abandonné la bibliothèque, le Thain et son précieux livre ! Mais Robbie devait pique-niquer avec sa chère Camélia…
Elle salua rapidement les bibliothécaires – l'une d'entre elles était une ancienne amoureuse de son cousin Murno, et ne la portait pas forcément beaucoup dans son cœur-, et se dirigea tranquillement vers l'endroit où elle savait qu'elle trouverait le Livre du Thain. En passant à travers les rayons,  elle caressait amoureusement les tranches de certains livres.
Le Livre du Thain était facilement identifiable grâce à sa somptueuse couverture. Elle le prit délicatement, consciente de la valeur de l'ouvrage. Elle alla s'installer juste à côté, dans un grand fauteuil judicieusement placé entre une fenêtre qui donnait sur l'une des cours intérieures et un grand chandelier, conçu tout spécialement pour la bibliothèque. Les flammes étaient soigneusement circonscrites par une coque de verre, pour réduire le risque d'incendie. C'était une invention très récente d'un certain Tolman Boulot, un ami proche du maire de Grand'Cave.

Aédé
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Concept Majeur : “De ces glorieux guerriers, nobles et preux / Je chanterai les exploits valeureux.”
Trouble : “Je voudrais tant que ce monde ait la gloire / Que lui prêtent souvent mes vieux grimoires.”
Aspects : “Jamais n'accompagnerai un guerrier
Qui ne soit à la justice dédié.”

“On m'a toujours taxé d'être fouineuse ;
Il n'est pas faux que je suis très curieuse.”

“Tout individu que je juge infâme
De moi recevra de terribles blâmes.”
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Dim 18 Oct - 20:05
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Avant que ne commence notre aventure épique, il serait fautif de s'imaginer que notre jeune héroïne n'a rien connu qui ne vaille la peine d'être ici relaté. Oh, n'allons pas croire que le proème de cette histoire contient des merveilles dignes d'être colportées en vers par la tradition, mais quoi de mieux pour mettre en avant la grandeur d'exploits à venir que d'y confronter la petitesse du passé ? Quel préjugé boursouflé de ne croire qu'en l'épopée, ses monstres, sa bravoure ! À quoi bon la prose si l'on ne peut parler de frivolité ?

Comble du paradoxe, vous noterez, cher lecteur, que ce prologue ne s'ouvre point sur de la prose, mais sur des vers, justement.

«Toute menue puis-je paraître
Je m'apprête à chanter
Les grands héros dans un mètre
Digne de l'épopée.»


Comme tous les matins, notre troubadour en herbe, donzelle au don poétique, au zèle frénétique, s'exerçait à chantailler de sa voix encor anarchique quelques bribes d'héroïsme, çà et là glanées dans les pages abîmées d'un vieux grimoire. Dure tâche que la sienne : il fallait les travailler, ce poitrail si petiot, ces poumons si frêles face au monument poétique que notre jeune Aédé s'apprêtait à déclamer.

Nous autres, qui sommes habitués à toujours avoir sous la main un livre ou un support tangible, ne pouvons guère nous imaginer l'immense effort intellectuel que nécessite le travail de barde. Galipettes et jongleries, amusettes et frivoleries ne sont qu'une part infime, certes visible, d'un métier qui requiert rigueur, méthode, discipline. Si on laisse de côté les débats d'érudits sur la question, les manuels du troubadour distinguent généralement quatre principaux piliers. La maîtrise de la voix, bien évidemment, apparaît souvent dans les premiers chapitres ; on l'a déjà dit : rien de plus dur, rien de plus ardu que d'en contrôler toutes les modulations possibles, surtout quand on est une toute petite hobbit... Le second pilier, directement lié au premier mais suffisamment complexe pour s'en distinguer tout de même, n'est autre que l'expertise de l'instrument : un barde dont les cordes vocales seraient protégées des dieux n'ira jamais orner de son nom la légende, s'il se ne joint guère aux influx de son cœur en délire les douceurs melliflues de sa lyre. La frivolité, celle-là même qui des troubadours forgea la renommée, en est le troisième pilier - mais gare aux raccourcis ! Jongleries et pirouettes ne sont point sornettes et infamie : soyons lucides sur le ludique et comprenons les enjeux du jeu. Tout barde qui se respecte doit pousser l'autodiscipline très loin s'il désire être bouffon véritable. C'est là un travail de tous les jours que d'assouplir le bois dur de son caractère pour le plier aux exigences de la frivolité, jusqu'à ce que cette attitude finisse tôt ou tard - plutôt tard que tôt, d'ailleurs - à devenir immédiate et naturelle : telle est la technicité de la bouffonnerie. Le quatrième pilier, enfin, et non des moindres, est celui qui nous occupe aujourd'hui : il s'agit de la mémoire...

«Chantons, chantons donc le moment
De la geste du Thain,
Fameux moment d'enchantement
À l'issue incertaine.»


Là se trouve la principale difficulté de cette charmante profession qu'est la barderie : retenir ces listes infinies de noms, ces catalogues, ces lignées et autres généalogies. En la matière, il s'avérait que notre jeune héroïne avait encore beaucoup à faire, car sa mémoire ne lui faisait que trop souvent défaut :

«Lors Aragorn, fils d'Aratorn,
Lui même de l'engeance...»


À peine entamée, notre jeune barde interrompit là sa chanson.

«Flûte ! Zut ! Comment s'appelle leur ancêtre, déjà ?»

Tous ces noms légendaires lui tournoyaient tant dans la tête qu'elle avait fini, à force de les accumuler, par en oublier une bonne moitié, même parmi les plus célèbres.

Pour autant, Aédé ne se laissait pas facilement décourager. Un problème se présentait ? En bonne troubadour, elle savait rebondir sur l'obstacle et repartir de plus belle. En l'occurrence, il n'existait qu'une solution : se rendre en vitesse dans la Bibliothèque de Bourg-de-Touque, y retrouver le grimoire qui contenait l'information dont elle avait besoin, et terminer son chant.

Hop ! Vitement, la voilà qui sautille, frétille dans les herbes folles, court, vole et virevolte, hardiment s'empresse, glisse un bonjour ici, offre un sourire là. Vite, vite, petite Hobbit ! En la voyant passer, les vieux de la vieille, ancêtres, anciens et arriérés, ne purent s'empêcher, sur leur visage ému, de laisser se dessiner une sourire amusé. Mais sitôt le plaisir suscité, la voici qui se fut éclipsée, jusqu'à enfin arriver dans la majestueuse Bibliothèque de Bourg-de-Touque.

Là, il ne lui restait plus qu'à consulter le Livre du Thain, mais en posant le regard sur l'emplacement, dans l'étagère de bois, où il aurait dû se tenir - malheur ! -, elle ne l'y trouva point. À la place, une traînée de poussière étincelait sous un blanc rayon que le soleil y déposait. Le dit Livre était en fait entre les mains d'une jeune congénère qu'Aédé connaissait - bien qu'elle en eût oublié le nom, à elle aussi. Enfin, partager un grimoire à deux n'était guère une aberration, si ?

«Pardonnez-moi, je suis Aédé Crooner, barde en herbe, et il s'avère que, par le plus inédit des hasards, vous détenez l'ouvrage dont j'ai besoin.»

Azalée Bravet
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Mar 24 Nov - 0:19
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Elle avait bien sûr commencé le livre par son début, mais, rapidement, elle n'avait pu s'empêcher de courir lire quelques uns de ses passages préférés.

... Et comme en réponse, s'éleva dans le lointain une autre note. Des cors, des cors, des cors. L'écho se répercuta faiblement sur les flots sombres du Mindolluin. De grands cors du Nord, sonnant furieusement. Le Roh...

-Pardonnez-moi, je suis Aédé Crooner, barde en herbe, et il s'avère que, par le plus inédit des hasards, vous détenez l'ouvrage dont j'ai besoin.

Azalée sursauta en entendant une voix… voix qui d'ailleurs s'adressait à elle. Il lui fallut quelques instants pour quitter les Champs du Pelennor et réintégrer son petit corps blotti dans l'un des fauteuils de la bibliothèque de Bourg-de-Touque.

-Oh, je, vraiment ?

Après cette grande démonstration d'éloquence, elle commença à analyser ce que son interlocutrice venait de lui dire…

-Vous en avez besoin ? C'est… c'est inhabituel…

La plupart des hobbits qu'elle connaissait considéraient la lecture et la fréquentation de la bibliothèque comme un loisir, une distraction au milieu de travaux bien plus importants, comme cultiver des champignons, brasser de la bière, fabriquer des gilets ou des chaises, etc. Mais, est-ce qu'elle avait dit "barde" ? Elle observa la jeune hobbite avec curiosité. Elle devait avoir l'âge de son cousin Neno, de Blanche Source, habillée avec un peu de... enfin peu de recherche. Elle avait de beaux cheveux blonds, qui bien qu'un peu en bataille lui évoquèrent les magnifiques boucles de sa nièce Cristal. Sauf que Bépie n'aurait jamais, au grand jamais, laissé sa fille se couper les cheveux ainsi !

-Oh, bien évidemment, je suis ravie qu'un livre suscite un aussi grand intérêt, surtout un livre aussi primordial et fascinant que celui-ci ! Mais... Serait-ce indiscret de vous demander pourquoi vous en avez besoin ? Vous êtes barde, avez-vous dit ? C'est fascinant ! Je n'ai jamais rencontré de barde ! C'est pour composer que vous avez besoin du livre ? C'est merveilleux !
-Ahem !

L'ancienne amoureuse de Murno lui lança un regard noir, sûrement irritée par le ton élevé de sa voix. Se rappelant où elle était, elle reprit, un peu plus bas.

-Moi c'est Azalée Bravet, fille de Daisy de Long Cleeve.

Elle fit un petit signe de de tête pour accompagner sa présentation.

-Crooner... On s'est déjà rencontrées, non ? Attendez... vous ne seriez pas apparentée aux Bolger ? Aux Bolger de Lèzeau... Ou aux Piedblanc, peut-être ?

À bien y réfléchir, elle ne voyait pas vraiment pourquoi elle la vouvoyait. Ce n'était pas son habitude de vouvoyer les hobbites et hobbits plus jeunes qu'elle... Mais peut-être que le cadre de leur rencontre l'influençait... La bibliothèque chargée qu'elle était de tant de savoirs et d'aventures, lui avait toujours semblé un lieu très prestigieux et solennel.

-Bien sûr, je ne vois aucune objection à vous laisser, le livre, puisque vos motifs semblent bien pus nobles que les miens ! Et peut-être... peur-être pourrez vous me montrer un peu en quoi consiste votre beau métier ?

Aédé
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Lun 7 Déc - 10:41
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« Pour dire vrai, la réponse est contenue dans la question. »

Notre jeune barde, il est vrai, raffolait de ces énigmes et autres formules ambiguës à moult compréhensions. Elle avait compulsé, deux semaines plus tôt, un grimoire extraordinaire Des Joutes Inoubliables de nos Poëtes Anciens : l'auteur anonyme de ce volume y traitait de ces concours spectaculaires où deux aèdes s'affrontaient par la parole et déployaient tous les ressorts de l'improvisation pour vaincre leur adversaire. L'une des épreuves les plus complexes, pratiquée dès les premiers âges par l'engeance elfique, consistait à proposer à son rival une énigme versifiée : celui-ci devait lui répondre par une seconde énigme qui résolvait la première tout en le confrontant à un autre tour de force. D'après la légende, deux poètes rivalisèrent ainsi d'ingéniosité des semaines durant avant que les juges, lassés, ne leur accordassent l'égalité ; ceux-ci, meurtris de n'avoir point remporté la victoire, ne tinrent guère compte de la sentence, s'obstinèrent, et poursuivirent la joute. La légende raconte qu'ils finirent par mourir d'épuisement, tous deux, au même moment : ainsi la Mort, notre tout dernier Juge, ne fit-elle que confirmer la première décision. Toute bardillonne fût-elle, notre jeune Aédé savait que sa carrière l'amènerait peut-être un jour à se lancer elle aussi dans l'un de ces combats poétiques : aussi s'y préparait-elle à l'avance, bien désireuse qu'elle était d'inscrire son nom dans la légende.

« Le sang de ces deux lignées s'écoule en mes veines. », dit-elle comme si elle parlait d'illustres familles royales. « Si ma mémoire ne me fait point défaut... » (Mais vous l'avez bien vu, lecteur : il arrivait fréquemment qu'elle lui fît défaut, hélas.) « Le mariage de mon arrière grand-tante avec le cousin au second degré de mon arrière grand-père amena les deux branches à s'unir ponctuellement. Parmi les Crooner, seuls ceux qui descendent en droite lignée de ce mariage peuvent prétendre à ce double titre. Enfin, je crois... »

Était-il seulement possible qu'une arrière grand-tante pût s'unir au cousin d'un arrière grand-père sans qu'inceste ne fût commis ? Aédé n'en était plus tout à fait sûre, et n'avait guère la présence d'esprit pour le vérifier mentalement.

« Il me faut seulement vérifier un nom. », enchaîna-t-elle, pour ne point montrer à son interlocutrice l'accès d'embarras qui la prit en cet instant. « Le père d'Aratorn, lui-même père d'Aragorn... Je devais le mentionner dans l'un de mes chants pour des raisons de prosodie, mais hélas, son nom ne me revient point... »

Il faut s'imaginer qu'une divinité hostile à notre jeune barde avait décidé de la tourner en dérision. Au moment où celle-ci trouva la bonne page, malheur ! le texte comportait une corruption très précisément à l'endroit où se trouvait la dite information.

« Ma foi, il semblerait que le sort s'acharne, mais qu'importe ! J'aurai tout le temps de consulter un autre grimoire pour retrouver le nom du père d'Aratorn. J'ai bien mieux à faire : c'est de bonne grâce que je vous offrirai une brève démonstration de mes talents, d'autant que les spectateurs ne sont point foule en ces contrées. En revanche, ce lieu d'érudition ne s'y prête guère. Sortons, voulez-vous ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les voilà toutes deux hors les murs de la bibliothèque de Bourg-le-Touque. Le soleil brillait déjà fort haut dans les cieux, quand elles gravirent la colline verdoyante qui se dressait à l'est, surplombant les gras pâturages de la Comté.

« Prêtons-nous à un jeu, voulez-vous ? Donnez-moi un nombre de syllabes fixe, quatre, six, huit, à votre guise, ainsi qu'un nombre de vers par strophe, et enfin un sujet à votre convenance. Je tenterai de vous improviser un poème. C'est typiquement le genre d'exercice auquel on se doit de s'adonner lorsqu'on est barde... »

Azalée Bravet
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Trésorerie Trésorerie: 200
Mer 23 Déc - 15:14
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Azalée écouta attentivement, comme toujours, les explications généalogiques de son interlocutrice. Il était en effet de la plus haute importance qu'elle sache exactement quel degré de parenté elle pouvait avoir avec ceux à qui elle avait affaire… Il aurait été si impoli de négliger un lien, un parent commun, voire une entrevue passée ! Son amie Célandine se moquait parfois de son côté "ultraprotocolaire". Mais la famille de Célandine n'était pas aussi mondaine et sollicitée que la sienne… Aucune des grands-mères ou grands-tantes de Célandine ne recevait jamais la Maîtresse du Pays de Bouque pour le thé. Alors que la grand-mère d'Azalée…
Elle se demanda un instant si l'arrière grand-tante en question pouvait être Rose Bolger, la cousine par alliance du grand-oncle de son beau-frère Parnolph (dont il avait d'ailleurs hérité son magnifique service de porcelaine), car il lui semblait qu'elle avait fait un mariage de ce type, un "mariage dans la famille". Mais Azalée avait l'impression que cette Rose Bolger était née Fierpied et non Piedblanc. Dans le doute, elle préféra ne pas demander confirmation. Après tout, Fierpied n'est pas Piedblanc, et certaines personnes se vexent si facilement…
Elle crut toutefois utile d'ajouter :

-C'est drôle ! Ma sœur Bépie  a épousé un Bolger de Lèzeau, justement : Parnolph Bolger ! Ils ont deux enfants, Parlo et Cristal, dont je suis un peu la marraine. Avec Eulalie, la sœur de Parnolph…

Mais Eulalie était une vraie peste, qui ne pensait qu'à empêcher Cristal de jouer dans l'herbe mouillée et à tenter de lui apprendre la broderie.

-Le père d'Arathorn ? Hum… On dit toujours "Aragorn fils d'Arathorn", mais pour remonter à la génération précédente… J'avoue que je ne sais pas…

Elle tendit le livre à la jeune barde, et tandis que celle-ci cherchait le renseignement qu'il lui fallait, Azalée demanda :

-Vous parlez d'Aragorn dans votre chant ?

Peut-être parce qu'elle descendait de Peregrin Touque, qui avait été Garde de la Citadelle, elle avait toujours été fascinée par la figure de ce roi, et elle était toujours ravie de l'entendre célébrer.

-C'est fort dommage ! s'exclama-t-elle en constatant en même temps qu'Aédé le défaut du manuscrit. C'est incroyable ! Je me demande si les bibliothècaires sont au courant de pareil problème…

Il aurait peut-être fallu le leur signaler, mais elle n'avait aucune envie de se frotter à un cœur brisé par Murno. D'ailleurs, la perspective que lui offrait son interlocutrice était fort alléchante, aussi, après un hochement de tête enthousiaste, elle alla reposer le livre où elle l'avait pris, puis emboita le pas à la barde.

-Vous savez, s'il vous manque le nom du grand-père, vous pouvez aussi bien citer le nom de la mère ! Les femmes sont trop souvent exclues des génénalogies, ce qui est fort regrettable ! Si c'est un problème de prosodie, peut-être que le nom de… euh... Gillaen… Gilraen… quelque chose comme ça… peut-être que cela fera l'affaire !

Elles montèrent tout en haut d'une colline, d'où le paysage, dans la lumière d'or du soleil, était magnifique.

Elle fut surprise du "jeu" que lui proposa Aédé. Elle avait toujours cru que les bardes et les poètes ne suivaient que leurs cruelles et versatiles inspirations. C'est ce que sa mère lui avait toujours dit. Mais composer sur commande ! Cela devait être une sorte d'improvisation… Comme pour les histoires qu'ils se racontaient entre cousins aux veillées chez l'oncle Tobo. Elle devait savoir ce qu'elle faisait, et cela devait être un  bon moyen de mettre son savoir et sa… euh… technique prosodique à l'épreuve.

-Ah ? Euh, et bien… Je vais dire huit !

Il fallait quatre œufs pour l'omelette aux myrtilles de sa tante Améthyste,, mais Robbie Cotton était né un huit du mois d'Halimath…

-Et six vers…

Autant que de lettres dans le prénom de Robbie (et que dans son nom, aussi, d'ailleurs ! Et aussi que dans ses propres noms et prénoms ! Si ce n'était pas un signe du destin…)

-Quant au sujet, vous m'avez mis l'eau  la bouche, tout à l'heure, avec votre généalogie des descendants d'Isildur. Alors je vous propose l'attente d'Aragorn comme Rôdeur, avant le début de la Quête de l'Anneau…

Tout ce qui est or ne brille pas
Tout ceux qui errent ne sont pas perdus
Le vieux qui est fort ne dépérit point.

songea-t-elle aussitôt avec un frisson d'excitation, se demandant de quoi était capable sa vis-à-vis.

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